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Printemps des auteurs à Nice, Corps étranger et Les Suprêmes au TNN:
La rencontre du texte Corps étranger de Didier Van Cauwelaert ne pouvait qu’inspirer la Compagnie Humaine et son chorégraphe Eric Oberdorff très à l’aise dans la danse-théâtre comme on a déjà pu s’en rendre avec Sarajevo’s Diary . L’intérêt d’une telle rencontre est ce que ce deuxième auteur apporte au texte. Comme on reconnaît la patte d’un peintre ou les couleurs du jardin d’un paysagiste, c’est la sensibilité à l’être humain, la familiarité entre les corps et la créativité d’Oberdorff que nous avons appréciées dans cette adaptation. Les deux danseurs, Cécile Robin Prévallée et Laurent Trincal présentent un délicat travail corporel et spirituel, une danse harmonieuse qui coule comme l’offrande d’un poème, avec les magnifiques corps à corps d’un couple qui se forme et tient en haleine le public. Les tensions, les luttes intimes, les souffrances qu’exprimait dans sa solitude Laurent Trincal disparaissent à l’arrivée de la jeune danseuse. La toujours délicate rencontre de deux êtres parait par moment périlleuse, inespérée mais toujours harmonieuse malgré l’encombrement de la scène par différents plateaux ou peut être grâce à cela. Le musicien Merakhaazan crée tout au long du spectacle un univers singulier, des moments poétiques qui entrent en résonance avec des hésitations et des questions supposées. Parfois les formes de la contrebasse et du corps de la femme se confondent. Une demi-heure de pur régal, de fluidité esthétique.
Tout à fait différente était la création de Hervé Koubi avec la complicité du texte de Chantal Thomas. Les Suprêmes est un ballet éclatant de lumières, celles d’une boite de nuit avec attractions, fumées et danses électriques. Peu de texte et d’accessoires, juste un micro pour dire très joliment à moment donné, la recherche d’identité, les hésitations, le désir de la danse et des soirées. C’est un spectacle plein de vie, de dynamisme et de couleurs qui montre la puissance et la fragilité masculines, les hésitations entre le football et le travestissement. Il en résulte, une chorégraphie très pure, de grands moments de danse musclée et enlevée avec une musique captivante alors l’art de la nuit triomphe.
Brigitte Chéry
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